« Les nouvelles, moi, ça ne m'intéresse pas.
D'abord, le lendemain elles sont vieilles. »
Jean Anouilh
Un 3ème plan de relance totalement saccagé par la droite dure du Parlement, et ceci au détriment des chômeuses et chômeur de notre pays : L’OSEO réagit et propose.
La crise économique touche pour l’instant la Suisse de façon progressive. Cependant le chômage a déjà augmenté (taux de 3.8% soit au total plus de 200'000 demandeurs d’emploi). Pour l’année prochaine, le SECO prévoit un taux moyen d’environ 5.2% de chômage. Ce taux signifie que notre pays verra près de 300'000 personnes être à la recherche d’un emploi en 2010. Ces personnes auront toutes une baisse du pouvoir d’achat de 20 à 30% minimum. Le 3ème plan de relance voulait venir en aide en particulier à ces personnes et aux jeunes demandeurs d’emploi.
Cette crise, et tout le monde s’accorde à le dire, est une crise exogène. Elle n’est pas la conséquence de difficultés de notre économie nationale. Le marché de l’immobilier est sain, le tourisme se maintient relativement bien jusqu’à ce jour et la demande intérieure également. Si les causes de la crise ne sont pas internes, les conséquences sur le marché du travail sont internes. Un des buts du 3ème plan de relance était justement de soutenir ces personnes touchées par la crise.
Une majorité avait été trouvée l’année passée pour sauver l’UBS et, en quelques heures, des milliards avaient été trouvé pour soutenir le secteur bancaire. De même, le Parlement avait, il y a quelques mois, trouvé des ressources pour réaliser le premier et le deuxième plan de relance (au total plus de 2,3 milliards de francs).
Les groupes PRD et UDC ont estimés que le 3ème plan de relance, essentiellement en faveur des jeunes, des chômeurs de longue durée et du secteur associatif (ONG) ne devait pas voir le jour. Ce deux groupes ont torpillé le projet tant durant les débats du Conseil des Etats que durant ceux du Conseil national. Au final le projet est totalement dénaturé et n’apportera quasiment rien aux jeunes au chômage et aux personnes recherchant un travail depuis plus d’une année. Cela est socialement irresponsable et économiquement erroné.
Les associations OSEO sont, depuis plus de 30 ans, en première ligne dans la lutte contre l’exclusion et dans la formation de personnes en difficulté. Plus de 480 collaboratrices et collaborateurs travaillent quotidiennement pour favoriser l’autonomie des migrants et demandeurs d’emploi : cela va de formations à des mesures de stages ou à des semestres de motivation. Des bourses à l’emploi pour personnes à l’aide sociale permettent également de générer des petits salaires à des personnes qui ne dépendraient, sans cela, uniquement de l’aide sociale.
Nous étions, et sommes toujours, persuadés que le 3ème plan de relance est un nouvel outil indispensable pour lutter contre les conséquences humaines et économiques de la crise, cependant nous prenons acte de son refus par le Parlement.
De plus, le secteur associatif (ONG) aurait également bénéficié de cet appui : ce secteur est également touché par la crise, entre autre par une chute des dons, partie importante des recettes de nombreuses associations qui, sans cet apport, affrontent de grosses difficultés.
Enfin, une nouvelle arrivant rarement seule, le Département fédéral de l’Economie a décidé l’an passé de plafonner le montant maximal subventionnable pour les Mesures de marché du travail selon un barème dégressif inversement proportionnel au taux de chômage. En clair, et depuis janvier de cette année, plus le taux de chômage est élevé dans un canton, moins il reçoit par cas de chômage pour des mesures d’insertion ou de formation. Au moment où un effort conséquent doit être entrepris pour lutter contre les effets de la crise, cette mesure tombe particulièrement mal.
Les associations OSEO ne peuvent, et ne veulent, rester passives face à la catastrophe humaine et économique programmée. C’est la raison pour laquelle nous faisons les 5 propositions suivantes :
L’OSEO favorise le débat sur l’insertion en Suisse : En effet, en juin de cette année, l’OSEO Valais organisait un colloque national sur les effets de la 5ème révision AI. Ce fut l’occasion de débattre sur les premières expériences suite à l’introduction de cette révision. Si la discussion est encore prématurée, les 120 personnes présentent ont eu l’occasion de se rendre compte des réussites et échecs (provisoires) de cette réforme. Il faudra refaire le point en 2010 ou 2011.
De même, le 10 septembre dernier, l’OSEO Berne rassemblait plus de 130 professionnels afin de débattre du deuxième marché du travail et des perspectives qu’il offre pour les chômeurs de longue durée. Un constat clair : il faut absolument multiplier les expériences et le fédéralisme nous aide bien en cela. Il faut également bien veiller à ne pas transformer l’aide sociale en fabrique de main d’œuvre bon marché. L’autre constat est qu’un deuxième marché du travail pour des personnes (momentanément) hors des entreprises habituelles est une réalité et il faut que les pouvoirs publics en prennent conscience et donnent des moyens et des bases légales à cette nouvelle forme de prise en charge.
Berne, le 22 septembre 2009
Yves Ecoeur
Secrétaire national des associations régionales SAH OSEO SOS
Monbijoustrasse 32
PF 8161
3001 Berne
sahoseosos@sah-be.ch
Tel. 031 380 64 74
Mobile 078 791 96 10
Cette news a été ajoutée le jeudi 24 septembre 2009.