« L’essentiel n’est pas ce qu’on fait de l’homme,
mais ce qu’il fait de ce qu’on a fait de lui. »
Jean-Paul Sartre
2010 fut une année engagée. Une année de transition pour notre association et pour la
politique de prise en charge du chômage en Suisse. Le changement est intervenu, il a habité nos
activités, avec tout ce que cela comporte comme incertitudes et prises de risque, mais surtout avec
tout ce que cela comporte comme défis passionnants à relever. Loin de nous laisser habiter par la
peur, nous avons oeuvré avec conviction, privilégiant les personnes qui nous sont confiées, qui nous
font confiance et que nous accompagnons dans leur parcours de vie parfois difficile.
C’est pour ces personnes, qui ont besoin de la solidarité et des politiques publiques qui la
concrétisent, que notre association existe et que ses statuts appellent à l’engagement politique,
engagement sans lequel rien ne serait possible pour améliorer le sort des plus faibles ou simplement
de celles et ceux qui passent un moment pénible. C’est que jamais les progrès sociaux, que ce soit
dans les domaines de la protection du travail, de la santé, des assurances sociales, de la politique
familiale ou, pour ce qui nous concerne directement, de l’intégration sociale et professionnelle
n’ont été mérités. Ils ont toujours été conquis, de haute lutte, par des mouvements sociaux et par
des actions politiques.
Or, les temps sont durs. Il convient de l’avouer. Supprimer des prestations remboursées par l’assurance-maladie, vouloir retarder l’âge de la retraite, réduire la durée des prestations de chômage, exclure de l’assurance - invalidité des dizaines de milliers de personnes ou tenter de privatiser la SUVA sont des exemples concrets des actions indécentes qui sévissent au sein du Parlement du pays le plus riche du monde. Et, ayons conscience que ce ne sont pas simplement de grandes phrases politiques ! Notre association a vu son budget diminué de 126’000 francs en 2011, conséquence directe de la votation qui a vu l’acceptation de la 4ème révision de l’assurancechômage. Cette diminution n’est pas sans conséquences sur la qualité de notre action et sur les personnes concernées.
Début 2010, la démission de notre directeur, Yves Ecoeur, a surpris et bousculé quelque peu le petit monde de l’OSEO Valais. Après une procédure de recrutement, puis de nomination menée par le comité, Gérard Moulin a repris le flambeau mi-2010. Ce rapport annuel est pour moi l’occasion de remercier une fois encore Yves Ecoeur pour son engagement. Après bientôt une année déjà de collaboration avec Gérard Moulin, comité et directeur trouvent leurs marques et la collaboration se déroule au mieux.
Septembre 2010, la population suisse accepte la 4ème révision LACI. Dans le sillage des différentes révisions d’assurances sociales fédérales, la majorité bourgeoise des Chambres fédérales a opté pour la voie de la réduction des prestations dans le domaine de l’assurance – chômage. Ce choix n’est pas sans conséquences pour les personnes sans emploi. Nombre d’entre elles seront contraintes de solliciter les services sociaux. Des questions de principe sont posées au fonctionnement de la sécurité sociale de ce pays.
Pour l’OSEO, les mois qui suivront cette décision populaire seront une lutte pénible pour la sauvegarde de nos budgets. Le canton du Valais a décidé de réduire notre voilure. La posture est simple : faire mieux avec moins. Cette option politique est discutable, car arbitraire. Lorsque l’on prend en charge des personnes et que l’essentiel des charges est constitué de salaires, moins de moyens signifie simplement moins de moyens pour encadrer les personnes que nous accompagnons.
Le risque est donc réel de péjorer la qualité de notre travail et la situation du personnel de l’OSEO, qui s’engage sans compter dans sa mission. Le comité de l’association s’engagera pour éviter que la qualité de nos prestations soit péjorée par des économies qui n’ont pas à se faire sur le dos des plus défavorisés de la société.
Enfin, nous avons à défendre également la dignité des personnes qui bénéficient de prestations sociales et de service public. Dans cette perspective, les velléités politiques d’un renforcement de l’aide sociale au détriment des assurances sociales sont inacceptables. La stigmatisation et l’humiliation qui sous-tendent l’aide sociale sont sous-estimées. Le retour à la charité ne doit pas être une perspective dans le pays le plus riche du monde. Défendre les principes d’une politique sociale effectivement solidaire, fondée sur le principe dominant de l’assurance est aussi notre mission. Nous nous y engageons !
Stéphane Rossini
Président de l'OSEO Valais, Conseiller national